Tendances 33, portail video Gironde Bassin d'Arcachon

LE GEMMAGE DANS LA FORET DES LANDES

IL ETAIT UNE FOIS LA GEMME ET LE RESINIER
Pins et pots à résine Cabane du résinier au Cap Ferret

Le gemmage remonte sans doute à l'apparition de la forêt elle-même, c'est-à-dire aussi loin que les hommes s'en souviennent ! En effet, à ce qui est encore affirmé régulièrement aujourd'hui, une partie non négligeable de cette forêt existait déjà bien avant la loi de Napoléon III de 1857. La forêt des Landes de Gascogne couvre un million d'hectares, c'est le plus grand massif forestier occidental, peuplé à 80 % de pins maritimes. Cette forêt a été créée pratiquement par les mains de l'homme, représentant à ce jour un patrimoine industriel et humain remarquable.
Tout comme la Lande est submergée par le pin conquérant, le berger cède la place à celui qui incarne la nouvelle économie forestière : le résinier ou gemmeur.

Gemmeur de la cabane du résiner au Cap-Ferret

Le résinier est presque toujours un métayer : l'exploitant est un paysan sans terre, il est lié par contrat au propriétaire de la métairie qui comprend une terre, des bâtiments, des outils, des animaux, en contrepartie de la jouissance de la métairie, l'exploitant doit au propriétaire une rente proportionnelle en nature : partage des récoltes, redevances : volailles, oeufs, cochons...
Le gemmage est devenu l'activité dominante du métayer. Mais à la différence de l'agriculture, le travail du gemmeur est une activité individuelle.
En 1980, le métier de résinier disparaissait de la forêt des Landes de Gascogne dans une indifférence quasi-générale. Les différentes technologies industrielles prirent le dessus sur la rentabilité et la production de la résine.
La rémunération du résinier n'a rien arrangé dans la disparition du métier, car il faut savoir que lors d'une campagne de gemmage, les résiniers ne percevaient leur première paye qu'à l'issue de la première récolte, c'est-à-dire en général vers le début du mois de mai ! Or ces campagnes débutaient dès la fin du mois de janvier : de ce fait, les résiniers et leurs familles se trouvaient dans l'obligation d'économiser pendant la campagne précédente ou pendant les mois d'hiver pour arriver à survivre. Peu à peu, les gemmeurs ont cherché à obtenir de meilleures conditions de travail et une plus grande sécurité financière, voyant de nombreux propriétaires s'enrichir considérablement grâce aux fruits des récoltes successives. Les actions menées par les gemmeurs ont donc été nombreuses, et parfois rudes. Mais il était sans doute trop tard, car en 1970, la mort du gemmage était déjà programmée et organisée en coulisse par l'Etat et les propriétaires forestiers.

MAIS D'ABORD, QU'EST-CE-QUE LE GEMMAGE ?
Ancienne usine traitement de la résine à Salles

C'est une opération qui consiste à "blesser" un pin pour qu'il sécrète de la résine. Le gemmeur, ou résinier, est celui qui pratique cette opération et qui récolte la résine.
Il faut savoir que le pin s'appelle aussi "l'arbre d'or" parce que la résine coûte cher, un peu comme l'or...
Le gemmeur signifie la même chose que le résinier. Le travail du résinier est de récolter le plus de résine possible. Il travaille dans la forêt pour ramasser la résine des pins. Les gemmeurs étaient payés au poids.

QUE PEUT-ON FAIRE DE LA RESINE RECOLTEE ?

A l'état brut, à peu près rien, mais après distillation, on obtient en revanche deux produits essentiels que sont l'essence de térébenthine d'une part, la colophane d'autre part.
Ces deux produits de base peuvent à leur tour être transformés en produits dérivés. Les possibilités d'utilisation de l'ensemble de ces produits, essentiels et dérivés, sont aujourd'hui innombrables.
L'essence de térébenthine se retrouve notamment dans les peintures, les vernis et dans de nombreux produits d'entretien. Après transformation, les dérivés obtenus permettent également de fabriquer des composés entrant dans la formulation de parfums ou d'arômes.
Quant à la colophane, elle intervient principalement dans la fabrication d'adhésifs, de colles, de papiers ou d'encres d'imprimerie. On peut même citer l'exemple de la gomme entrant dans la fabrication des célèbres chewing-gums.

Tonneaux pour la résine
COMMENT SE DEROULAIT UNE CAMPAGNE DE GEMMAGE ?
Pot de résine Cabane du résinier au Cap-Ferret

Les campagnes de gemmage commençaient vers la fin du mois de janvier, et se terminaient généralement mi-novembre. Le résinier préparait d'abord les pins qui devaient recevoir les "cares" (écorchures). Pour ce faire, il procédait aux opérations de "pelage" puis de "cramponage". Les pots en terre cuite destinés à recevoir la résine pouvaient alors être mis en place. Ces travaux devaient être achevés dans la première quinzaine de mars.
A partir de la mi-mars, le gemmeur donnait les premières "piques" et réalisait les cares à l'aide d'un outil appelé "hapchot". Les nouvelles piques se succédaient avec un intervalle de 8 jours.

Dans le même temps, il fallait récolter la résine qui avait coulé dans les pots et la vider dans une barrique. Cette opération de récolte de la résine, que l'on appelait "l'amasse", était très souvent effectuée par la femme du résinier car celui-ci devait continuer à pratiquer de nouvelles piques.
La campagne touchait à sa fin à partir de la fin du mois d'octobre, le gemmeur aidé de sa femme procédait alors au "barrasquage".
Cette dernière manipulation, assez pénible, consistait à racler la résine durcie qui s'était formée le long des cares durant la campagne.

ET QUE FAISAIENT LES RESINIERS PENDANT LES MOIS DE NOVEMBRE ET DECEMBRE ?
La Cabane du résinier au Cap-Ferret

La plupart d'entre eux continuaient à travailler en forêt, à l'entretien des sites, à l'abattage des pins ou à l'éclaircissement des semis.
Pendant ce temps, les femmes coupaient de la bruyère ou des hautes herbes devant servir de litière au bétail. Ces activités permettaient aux résiniers de vivre jusqu'à la reprise d'une nouvelle campagne de gemmage.

Document pédagogique réalisé par l'Office de Tourisme de Salles

On peut visiter la Cabane du résinier au Cap-Ferret et l'Ecomusée de la Grande Lande à Marquèze
Bibliographie :
"Le Dictionnaire de la Lande Française : du fond du Bassin au fond de la Lande" de Charles Daney - Editions Loubatières (1992)
"Histoire de la Forêt Landaise : du désert à l'âge d'or" de Jacques Sargos - L'Horizon Chimérique (1997)
"Guide du visiteur : Marquèze Ecomusée de la Grande Lande" - Parc Naturel des Landes de Gascogne.
Internet : Littoral 33

Haut de page

Retour Salles sur Bassin d'Arcachon

|  Tendances33.com  |  Bassin d'Arcachon  |  Vignoble bordelais  |  Petites annonces  |  Webcam météo  |  Plan du site  |  Partenaires  |