LE GEMMAGE DANS LA FORET DES LANDES
| IL ETAIT UNE FOIS LA
GEMME ET LE RESINIER |
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Le gemmage
remonte sans doute à l'apparition de la forêt elle-même,
c'est-à-dire aussi loin que les hommes s'en souviennent !
En effet, à ce qui est encore affirmé régulièrement
aujourd'hui, une partie non négligeable de cette forêt
existait déjà bien avant la loi de Napoléon
III de 1857. La forêt des Landes de Gascogne couvre
un million d'hectares, c'est le plus grand massif forestier occidental,
peuplé à 80 % de pins maritimes. Cette forêt
a été créée pratiquement par les mains
de l'homme, représentant à ce jour un patrimoine industriel
et humain remarquable.
Tout comme la Lande est submergée par le pin conquérant,
le berger cède la place à celui qui incarne la nouvelle
économie forestière : le résinier ou
gemmeur. |
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Le résinier
est presque toujours un métayer : l'exploitant est un paysan
sans terre, il est lié par contrat au propriétaire
de la métairie qui comprend une terre, des bâtiments,
des outils, des animaux, en contrepartie de la jouissance de la
métairie, l'exploitant doit au propriétaire une rente
proportionnelle en nature : partage des récoltes, redevances
: volailles, oeufs, cochons...
Le gemmage est devenu l'activité dominante du métayer.
Mais à la différence de l'agriculture, le travail
du gemmeur est une activité individuelle.
En 1980, le métier de résinier disparaissait
de la forêt des Landes de Gascogne dans une indifférence
quasi-générale. Les différentes technologies
industrielles prirent le dessus sur la rentabilité et la
production de la résine.
La rémunération du résinier n'a rien arrangé
dans la disparition du métier, car il faut savoir que lors
d'une campagne de gemmage, les résiniers ne percevaient leur
première paye qu'à l'issue de la première récolte,
c'est-à-dire en général vers le début
du mois de mai ! Or ces campagnes débutaient dès la
fin du mois de janvier : de ce fait, les résiniers et leurs
familles se trouvaient dans l'obligation d'économiser pendant
la campagne précédente ou pendant les mois d'hiver
pour arriver à survivre. Peu à peu, les gemmeurs ont
cherché à obtenir de meilleures conditions de travail
et une plus grande sécurité financière, voyant
de nombreux propriétaires s'enrichir considérablement
grâce aux fruits des récoltes successives. Les actions
menées par les gemmeurs ont donc été nombreuses,
et parfois rudes. Mais il était sans doute trop tard, car
en 1970, la mort du gemmage était déjà programmée
et organisée en coulisse par l'Etat et les propriétaires
forestiers. |
| MAIS D'ABORD, QU'EST-CE-QUE
LE GEMMAGE ? |
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C'est
une opération qui consiste à "blesser"
un pin pour qu'il sécrète de la résine.
Le gemmeur, ou résinier, est celui
qui pratique cette opération et qui récolte
la résine.
Il faut savoir que le pin s'appelle aussi "l'arbre
d'or" parce que la résine coûte
cher, un peu comme l'or...
Le gemmeur signifie la même chose que le résinier.
Le travail du résinier est de récolter le plus
de résine possible. Il travaille dans la forêt
pour ramasser la résine des pins. Les gemmeurs étaient
payés au poids. |
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| QUE PEUT-ON FAIRE DE
LA RESINE RECOLTEE ? |
A
l'état brut, à peu près rien, mais après
distillation, on obtient en revanche deux produits essentiels
que sont l'essence de térébenthine d'une part,
la colophane d'autre part.
Ces deux produits de base peuvent à leur tour être
transformés en produits dérivés. Les
possibilités d'utilisation de l'ensemble de ces produits,
essentiels et dérivés, sont aujourd'hui innombrables.
L'essence de térébenthine se
retrouve notamment dans les peintures, les vernis et dans
de nombreux produits d'entretien. Après transformation,
les dérivés obtenus permettent également
de fabriquer des composés entrant dans la formulation
de parfums ou d'arômes.
Quant à la colophane, elle intervient
principalement dans la fabrication d'adhésifs, de colles,
de papiers ou d'encres d'imprimerie. On peut même citer
l'exemple de la gomme entrant dans la fabrication des célèbres
chewing-gums. |
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| COMMENT SE DEROULAIT
UNE CAMPAGNE DE GEMMAGE ? |
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Les
campagnes de gemmage commençaient vers la fin du mois
de janvier, et se terminaient généralement mi-novembre.
Le résinier préparait d'abord les pins qui devaient
recevoir les "cares" (écorchures).
Pour ce faire, il procédait aux opérations de
"pelage" puis de "cramponage".
Les pots en terre cuite destinés à recevoir
la résine pouvaient alors être mis en place.
Ces travaux devaient être achevés dans la première
quinzaine de mars.
A partir de la mi-mars, le gemmeur donnait les premières
"piques" et réalisait les
cares à l'aide d'un outil appelé "hapchot".
Les nouvelles piques se succédaient avec un intervalle
de 8 jours.
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Dans le même temps, il
fallait récolter la résine qui avait coulé
dans les pots et la vider dans une barrique. Cette opération
de récolte de la résine, que l'on appelait "l'amasse",
était très souvent effectuée par la femme du
résinier car celui-ci devait continuer à pratiquer
de nouvelles piques.
La campagne touchait à sa fin à partir de la fin du
mois d'octobre, le gemmeur aidé de sa femme procédait
alors au "barrasquage".
Cette dernière manipulation, assez pénible, consistait
à racler la résine durcie qui s'était formée
le long des cares durant la campagne. |
| ET QUE FAISAIENT LES
RESINIERS PENDANT LES MOIS DE NOVEMBRE ET DECEMBRE ? |
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La
plupart d'entre eux continuaient à travailler en forêt,
à l'entretien des sites, à l'abattage des pins
ou à l'éclaircissement des semis.
Pendant ce temps, les femmes coupaient de la bruyère
ou des hautes herbes devant servir de litière au bétail.
Ces activités permettaient aux résiniers de
vivre jusqu'à la reprise d'une nouvelle campagne de
gemmage.
Document pédagogique réalisé
par l'Office de Tourisme de Salles |
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On peut visiter la Cabane
du résinier au Cap-Ferret et l'Ecomusée
de la Grande Lande à Marquèze
Bibliographie :
"Le Dictionnaire de la Lande Française : du fond du
Bassin au fond de la Lande" de Charles Daney - Editions Loubatières
(1992)
"Histoire de la Forêt Landaise : du désert à
l'âge d'or" de Jacques Sargos - L'Horizon Chimérique
(1997)
"Guide du visiteur : Marquèze Ecomusée de la
Grande Lande" - Parc Naturel des Landes de Gascogne.
Internet : Littoral
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